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Historique des MFR


Les origines du mouvement ...

Le mouvement des Maisons Familiales Rurales (MFR) est issu d'un courant de pensée qui, au début du siècle dernier, a profondément imprégné le monde rural. A l'origine, on trouve aussi bien les idées de démocratie sociale d'inspiration chrétienne du Sillon de Marc Sangnier que celles des militants du Secrétariat Central d'Initiative Rurale (SCIR) dont l'ambition était d'organiser le monde agricole.

La première Maison Familiale Rurale a été créée en 1937 à Lauzun (Lot et Garonne) à l'initiative de syndicalistes paysans, parents d'adolescents qui ne trouvaient pas dans le système scolaire existant de réponse adaptée à leurs besoins, d'une section locale du SCIR et d'un curé de campagne, l'abbé Granereau.

Partant du constat que l'enseignement traditionnel ne formait pas d'agriculteurs mais poussait plutôt les jeunes ruraux soit à abandonner trop tôt leurs études, soit, pour les plus doués d'entre eux, à partir vers la ville, ces pionniers du mouvement adoptèrent, dès le départ, les trois grands principes de base qui ont fait le succès des Maisons Familiales Rurales et qui président encore aujourd'hui à leur développement :
- Permettre aux familles d'exercer pleinement leurs responsabilités éducatives,
- Contribuer à l'évolution du milieu rural et du territoire,
- Préparer les jeunes à s'insérer et à être acteurs dans la société.
Concrètement, ces principes ont été mis en oeuvre grâce aux modalités suivantes:
- L'association des parents à l'enseignement,
- Le système pédagogique de l'alternance,
- L'organisation de la vie des élèves en petits groupes et en internat.
Des formateurs furent recrutés et une première formation fut préparée. Deux ans après, était créée la première Maison Familiale Rurale de filles. Le mouvement continua à se développer durant toute cette période et se structura dès 1942 par la création de l'Union Nationale des Maisons Familiales Rurales.

Fin 1944, le nombre de Maisons s'élevait à 65. A la libération, les Maisons Familiales Rurales ont bénéficié d'une reconaissance et d'une subvention du ministère de l'Agriculture.

Les MFR affirment leur identité et développent une pédagogie originale ...

Les Maisons Familiales Rurales ont eu le souci constant de conserver leur autonomie en prenant appui sur la responsabilité et l'implication des familles. En 1941, l'interdiction de la pluralité syndicale conduisit les MFR, afin de conforter leur indépendance, à quitter le statut syndical pour adopter comme base juridique l'association loi 1901.

En 1945, lors de l'Assemblée Générale de l'Union Nationale, le problème fondamental des relations avec l'Etat et avec l'Eglise fut clairement posé. Il fut solennellement acté que le mouvement pouvait être soutenu par l'état et inspiré par la religion mais qu'en aucun cas, il ne devait être absorbé par l'un ou l'autre. Il fut réaffirmé que c'était la famille qui, en dernière analyse, constituait le socle du mouvement.


A partir de 1946, les responsables du mouvement qui s'étaient surtout préoccupés jusque-là du développement de la formule s'attachèrent à formaliser la pédagogie de l'alternance. Largement inspirées des pédagogies nouvelles et centrées essentiellement sur le vécu du jeune et de sa famille, les réalisations des MFR permirent de promouvoir une pédagogie audacieuse et novatrice par rapport aux méthodes jusque-là utilisées dans les écoles d'agriculture.


Progressivement, sous la conduite d'André Duffaure, une méthode et un programme furent mis au point. Dès 1955, des fiches pédagogiques furent élaborées et mises à disposition des Maisons Familiales Rurales. Parallèlement, la formation des moniteurs se structurait et se développait.


La création des Maisons Familiales de Métiers ...

Les résultats positifs obtenus par les Maisons Familiales Rurales dans les formations agricoles conduisirent à appliquer les mêmes principes aux métiers artisanaux puis, plus généralement, dans les métiers non agricoles du milieu rural.

Dès 1970, une quinzaine de MFR avait ouvert une section “Métiers”. Toutefois, leur développement souleva des difficultés juridiques et financières en raison de la position du ministère de l'Education fermé, à l'époque, aux idées de formation par alternance.


La loi du 16 juillet 1971, celle du 10 juillet 1987, et celle du 20 décembre 1993 permirent aux MFR de développer les formations à d'autres métiers que l'agriculture dans le cadre de l'apprentissage. Ces dernières années, la progression des effectifs sous ce statut est d'environ 8% par an.



(extrait UNMFREO/Paris/17/05/2005)